
Les pressions à La Martinique
Les pressions naturelles
Les cyclones L’île de la Martinique a été concernée par 23 cyclones entre 1886 et 1997 provoquant de graves dégâts sur les écosystèmes marins côtiers. Les récifs ont récemment subi d’importants dommages après le passage des cyclones David en 1978 et Allen en 1980. Les récifs des côtes méridionales, et en particulier les formations coralliennes branchues ont été les plus touchées. Certaines tempêtes tropicales, accompagnées de pluies diluviennes, ont également eu un impact sur les communautés marines côtières de la Martinique (Klauss en 1990, Cindy en 1993 et Debby en 1994-DEAN 2007).
L’arrivée massive d’eau douce, chargée en boue, lors de ces tempêtes est un facteur contribuant à la dégradation des écosystèmes marins de la Martinique.
La mortalité massive des oursins diadèmesEn 1983, une mortalité brutale, d’origine épidemique et s’étendant à toute la région caraïbe a frappé l’oursin diadème Diadema antillarum, faisant disparaître en quelques jours des populations entières dans toute l’île. Cet échinoderme joue un rôle considérable dans l’écologie des récifs coralliens : broutant les algues et rongeant les squelettes des coraux morts, il est un régulateur puissant de l’équilibre des communautés benthiques récifales.
Les maladies des coraux Des cas de maladies d’origine bactérienne (maladie de la bande noire et maladie de la bande blanche) sont observés un peu partout de façon irrégulière. Ces maladies frappent pratiquement toutes les espèces de coraux, sans que l’on puisse toutefois parler d’une épidémie généralisée.
Le blanchissement des corauxLa température générale du milieu marin dans la Caraïbe est soumise périodiquement à des variations de quelques degrés. En 1984 et 1987, un phénomène de mortalité massive de certaines espèces de coraux a été constaté en Martinique. Les origines sont liées au phénomène climatique "El Niño" qui a également affecté, cette année là, la région indo-pacifique.
Les pressions anthropiques
Les pollutions d’origine agricole
La pollution liée à l’agriculture provient d’une utilisation accrue des engrais et des pesticides. Les engrais sont entraînés par les eaux de ruissellement et provoquent un enrichissement artificiel en nitrates des eaux côtières. Pour trois communes (Lamentin, Ducos et Rivière Salée) la consommation d’engrais s’élève à 4.876 t (Cidolit, 1991).Environ 3.690 t/an de produits phytosanitaires sont utilisés en Martinique, dont 2.200 t de pesticides (DAF). Il est probable qu’une partie non négligeable de ces produits gagne le milieu marin. L’impact que peuvent avoir les pesticides sur les écosystèmes marins côtiers de la Martinique est aujourd’hui encore inconnu.De fortes teneurs en pesticides ont été trouvées chez certains organismes marins de la baie de Fort-de-France (Pellerin-Massicotte, 1991). Les teneurs observées en DDE, DDT, DDD et Mirex correspondent au seuil de toxicité aiguë pour les poissons et les huîtres de palétuviers. Parmi les autres molécules organiques de synthèse, il faut également signaler de fortes teneurs en PCB dans ces organismes, correspondant également à des seuils de toxicité aiguë.
La pollution par les hydrocarbures
La Martinique possède une importante raffinerie de pétrole (la SARA), qui re"oit le pétrole brut en provenance de la mer du Nord et du golfe Persique. La capacité de stockage atteindra prochainement 240.000 tonnes et la capacité de traitement a été portée à 780.000 t/an de pétrole brut (in Cidolit, 1991). L’analyse des hydrocarbures de la Baie de Fort-de-France a révélé des teneurs importantes notamment dans les sédiments des zones nord et nord-ouest de la baie (Pointe des Carrières et débouché de la rivière Monsieur), contaminées par des hydrocarbures d’origine pétrolière (Mille et al., 1991). Dans ces zones se concentrent les principales sources potentielles de rejets (agglomération de Fort-de-France, zone industrielle du Lamentin, décharge, raffinerie de la SARA, Aéroport...)
La pollution par les métaux lourds
Des dosages de métaux lourds ont été effectués dans les sédiments de la baie de Fort-de-France (Castaing et al., 1986), ainsi que dans certains de ses organismes marins (Pellerin-Massicotte, 1991) : ces analyses ont montré des signes alarmants de pollution dans la baie. Les sédiments les plus contaminés sont situés à l’est, dans la baie de Génipa et la Cohé du Lamentin (fortes teneurs en zinc), et au nord (baie des Flamands) où de fortes teneurs en zinc et en plomb ont été relevées. De même, le plomb a atteint son seuil de toxicité pour les organismes marins (coraux, huîtres de palétuviers, crevettes et poissons). Les teneurs en zinc constituent un état de contamination chronique pour les huîtres de palétuviers. Par ailleurs, les teneurs en zinc observées dans les poissons et les crevettes de la baie correspondent à des niveaux de toxicité aiguë. Du cadmium a également été trouvé dans les crevettes.
Les sucreries et distilleries
L’industrie de la canne à sucre produit des rejets liquides, appelés "vinasses", très acides et fortement chargés en matières organiques, dont l’oxydation entraîne l’apparition de conditions anoxiques. Les communautés marines directement touchées sont détruites. En Martinique, les rejets des distilleries sont effectuées directement en mer ou dans les rivières qui se jettent à la mer. Les rivières les plus polluées sont la rivière Monsieur, la Roxelanne à Saint-Pierre, la mangrove de Sainte-Luce et la rivière Jambette. Les rejets ne subissent actuellement aucun traitement et constituent une source de pollution importante.
La pollution urbaine
La pollution urbaine a surtout été étudiée dans la baie de Fort-de-France. La décharge intercommunale est située à la Pointe des Sables. Chaque jour, environ 300 T d’ordures ménagères parviennent à cette décharge (Cidolit, 1991). Sa situation à proximité du littoral menace directement les eaux de la Baie de Fort-de-France. Le réseau de collecte des eaux usées est insuffisant. Il existait en 1991, 9 stations d’épuration pour les 5 communes situées autour de la baie (Fort-de-France, Lamentin, Ducos, Rivière-Salée, Trois-îlets). Ces communes totalisent plus de 160.000 habitants alors que les stations d’épuration sont prévues pour un total de 93.000 habitants (Cidolit, 1991). De plus, certains quartiers ne disposent pas encore de réseau d’assainissement et certaines habitations ne disposent pas de réseau individuel. Les eaux usées sont souvent rejetées directement dans les baies (baie du Marin, baie des Anses d’Arlets, caye de Sainte-Luce).Une étude du niveau de pollution bactériologique réalisée dans la baie de Fort-de-France (Assor et Julius, 1991) a fait apparaître trois pôles de pollution : la périphérie sud-est de Fort-de-France, la zone industrielle du Lamentin et le secteur des Trois-Ilets.
La sédimentation terrigène
Comme pour la Guadeloupe, la déforestation de la Martinique a débuté au 17ème siècle, à des fins agricoles, et s’est poursuivie et accentuée depuis. Ce phénomène a favorisé l’érosion des sols et les transports solides vers le milieu marin. La destruction massive des mangroves, au cours du XXe siècle, a supprimé les zones de décantation et de filtration qu’elles constituaient entre la terre et la mer. Aujourd’hui, les mauvaises pratiques culturales sont en cause. Il en a résulté une dégradation générale de la limpidité des eaux côtières et un phénomène d’hypersédimentation au niveau des écosystèmes marins côtiers. Par ailleurs, le lessivage des sols contribue à renforcer l’exportation des sels nutritifs vers les eaux côtières.Les communautés coralliennes récifales, ainsi que les Phanérogames marines, sont très sensibles à la réduction de leur niveau d’éclairement ainsi qu’à l’hypersédimentation. Des signes d’altérations dus à ces phénomènes sont partout visibles sur les récifs de la Martinique. L’hypersédimentation est, avec la prolifération algale, un des phénomènes majeurs de dégradation des récifs coralliens et des herbiers de Phanérogames marines dans les Antilles Fran"aises. Ce problème est crucial pour la Martinique qui assiste à un envasement progressif de ses principales baies (baie de Fort-de-France, baie du Marin, baie du Robert, baie du Trésor...). Les carrières de granulats exploitées à terre posent également un problème, les résidus de lavage de certains carriers partant directement à la mer et provoquant une sédimentation sur les zones coralliennes.
Les remblais et déblais
De nombreux travaux de terrassement sont effectués sur les côtes de la Martinique avec un minimum de précaution. Ils favorisent l’augmentation de la turbidité des eaux côtières et le phénomène d’hypersédimentation (extension de l’aéroport, installations portuaires...). La mangrove, considérée trop souvent comme faisant partie du domaine foncier, est la première victime des opérations de remblaiement.
La surexploitation des ressources marines
L’essentiel de la pression de pêche dans les Antilles s’exerce sur les écosystèmes récifaux et les herbiers de Phanérogames marines. La plupart des stocks pêchés (poissons, lambis, langoustes et oursins) ne suffisent pas à satisfaire la demande. Toutes les études portant sur l’évaluation des ressources marines de la Martinique s’accordent pour dire que ces stocks sont aujourd’hui surexploités.Les engins de pêche inventoriés en Martinique sont tous de type traditionnel : les casiers (46%), les filets de fond (21%), les filets de surface (11%), la senne (6%), la traîne (5%), la palangre (8%), la plongée sous-marine (2%, Guillou et al., 1988). Quatre régions se distinguent pour la diversité des méthodes employées : de Sainte-Marie à Cap Chevalier (casiers) ; de l’Anse Poirier (Rivière Pilote) aux Anses d’Arlets ( filets de fonds et casiers) ; du Lamentin à Fort-de-France (casiers et filets de surface) ; de Fond Lahayé à Grand Rivière (sennes de plage).Cette diversité traduit une adaptation technologique aux caractéristiques bathymétrique et sédimentologique de chaque secteur. Parmi les engins de pêche utilisés en Martinique, on peut citer par ordre d’importance : les nasses, les filets (de fond et de surface) et les sennes. La pression de pêche est la plus forte sur la côte atlantique. Le niveau de surexploitation des stocks est plus élevé en Martinique qu’en Guadeloupe.
Les mollusques : la surexploitation des stocks de lambis (Strombus gigas) atteint dans la Caraïbe un niveau alarmant. Dans les Antilles Françaises, la majorité des lambis pêchés aujourd’hui n’ont pas atteint leur maturité sexuelle et n’ont donc pas eu le temps de se reproduire pour perpétuer l’espèce. Des mesures drastiques devraient être prises rapidement si l’on veut éviter la disparition pure et simple de cette ressource en Martinique. Des essais de repeuplement pratiqués sur les côtes de Floride, à partir de juvéniles produits en élevage, ont été très décevants et laissent peu d’espoir quant à l’efficacité de cette technique pour reconstituer les stocks.
Les crustacés : dans l’ensemble des Antilles, à l’exception de Cuba, on s’accorde à reconnaître une diminution générale des stocks de langoustes depuis une vingtaine d’années (Panulirus argus et P. guttatus). Ce phénomène est tout particulièrement marqué dans les Antilles Françaises. Compte tenu de la biologie de ces espèces, une réglementation de la pêche aux langoustes devrait donc, pour être efficace, être conçue à l’échelle de la région Caraïbe. La complexité du développement larvaire des langoustes ne permet pas d’envisager leur exploitation aquacole dans un futur proche.
Les oursins : l’oursin Tripneustes esculentus fait l’objet d’une pêche traditionnelle dans les Antilles Françaises. Aujourd’hui, les stocks Martiniquais sont surexploités, malgré une période de pêche limitée, dans cette île, à un mois par an.
Les poissons : les pêcheries antillaises sont surtout multispécifiques, et très fragiles face à une exploitation intensive. Sur les côtes antillaises, la pression de pêche est importante. Par ailleurs, la taille trop faible de la maille des nasses caraïbes utilisées (31 mm, et même 25 mm) permet la capture des juvéniles, hypothéquant ainsi l’avenir des communautés ichtyologiques. Aujourd’hui, la quantité de poissons pêchés dans les Antilles Françaises n’arrive pas à satisfaire la demande du marché, alors qu’il serait bon d’envisager une diminution de la pression de pêche sur les zones exploitées. Certaines espèces de serranidae ou de lutjanidae seraient surexploitées. Il conviendrait de renforcer la réglementation actuelle de la pêche.
Le tourisme
La navigation de plaisance et de commerce altère certains sites privilégiés pour le mouillage forain. Les ancres mouillées par les navires sur les fonds coralliens et d’herbiers de Phanérogames marines provoquent une dégradation de ces écosystèmes. Une concentration trop forte d’hôtels dans une même zone peut devenir une cause de dégradation de l’environnement marin (zone des Trois îlets).La plongée sous-marine s’exerce de façon plus dispersée en Martinique qu’en Guadeloupe et il n’y existe pas de phénomène de sur-fréquentation comparable à celui des îlets Pigeon.
Les pressions naturelles
Les cyclones L’île de la Martinique a été concernée par 23 cyclones entre 1886 et 1997 provoquant de graves dégâts sur les écosystèmes marins côtiers. Les récifs ont récemment subi d’importants dommages après le passage des cyclones David en 1978 et Allen en 1980. Les récifs des côtes méridionales, et en particulier les formations coralliennes branchues ont été les plus touchées. Certaines tempêtes tropicales, accompagnées de pluies diluviennes, ont également eu un impact sur les communautés marines côtières de la Martinique (Klauss en 1990, Cindy en 1993 et Debby en 1994-DEAN 2007).
L’arrivée massive d’eau douce, chargée en boue, lors de ces tempêtes est un facteur contribuant à la dégradation des écosystèmes marins de la Martinique.
La mortalité massive des oursins diadèmesEn 1983, une mortalité brutale, d’origine épidemique et s’étendant à toute la région caraïbe a frappé l’oursin diadème Diadema antillarum, faisant disparaître en quelques jours des populations entières dans toute l’île. Cet échinoderme joue un rôle considérable dans l’écologie des récifs coralliens : broutant les algues et rongeant les squelettes des coraux morts, il est un régulateur puissant de l’équilibre des communautés benthiques récifales.
Les maladies des coraux Des cas de maladies d’origine bactérienne (maladie de la bande noire et maladie de la bande blanche) sont observés un peu partout de façon irrégulière. Ces maladies frappent pratiquement toutes les espèces de coraux, sans que l’on puisse toutefois parler d’une épidémie généralisée.
Le blanchissement des corauxLa température générale du milieu marin dans la Caraïbe est soumise périodiquement à des variations de quelques degrés. En 1984 et 1987, un phénomène de mortalité massive de certaines espèces de coraux a été constaté en Martinique. Les origines sont liées au phénomène climatique "El Niño" qui a également affecté, cette année là, la région indo-pacifique.
Les pressions anthropiques
Les pollutions d’origine agricole
La pollution liée à l’agriculture provient d’une utilisation accrue des engrais et des pesticides. Les engrais sont entraînés par les eaux de ruissellement et provoquent un enrichissement artificiel en nitrates des eaux côtières. Pour trois communes (Lamentin, Ducos et Rivière Salée) la consommation d’engrais s’élève à 4.876 t (Cidolit, 1991).Environ 3.690 t/an de produits phytosanitaires sont utilisés en Martinique, dont 2.200 t de pesticides (DAF). Il est probable qu’une partie non négligeable de ces produits gagne le milieu marin. L’impact que peuvent avoir les pesticides sur les écosystèmes marins côtiers de la Martinique est aujourd’hui encore inconnu.De fortes teneurs en pesticides ont été trouvées chez certains organismes marins de la baie de Fort-de-France (Pellerin-Massicotte, 1991). Les teneurs observées en DDE, DDT, DDD et Mirex correspondent au seuil de toxicité aiguë pour les poissons et les huîtres de palétuviers. Parmi les autres molécules organiques de synthèse, il faut également signaler de fortes teneurs en PCB dans ces organismes, correspondant également à des seuils de toxicité aiguë.
La pollution par les hydrocarbures
La Martinique possède une importante raffinerie de pétrole (la SARA), qui re"oit le pétrole brut en provenance de la mer du Nord et du golfe Persique. La capacité de stockage atteindra prochainement 240.000 tonnes et la capacité de traitement a été portée à 780.000 t/an de pétrole brut (in Cidolit, 1991). L’analyse des hydrocarbures de la Baie de Fort-de-France a révélé des teneurs importantes notamment dans les sédiments des zones nord et nord-ouest de la baie (Pointe des Carrières et débouché de la rivière Monsieur), contaminées par des hydrocarbures d’origine pétrolière (Mille et al., 1991). Dans ces zones se concentrent les principales sources potentielles de rejets (agglomération de Fort-de-France, zone industrielle du Lamentin, décharge, raffinerie de la SARA, Aéroport...)
La pollution par les métaux lourds
Des dosages de métaux lourds ont été effectués dans les sédiments de la baie de Fort-de-France (Castaing et al., 1986), ainsi que dans certains de ses organismes marins (Pellerin-Massicotte, 1991) : ces analyses ont montré des signes alarmants de pollution dans la baie. Les sédiments les plus contaminés sont situés à l’est, dans la baie de Génipa et la Cohé du Lamentin (fortes teneurs en zinc), et au nord (baie des Flamands) où de fortes teneurs en zinc et en plomb ont été relevées. De même, le plomb a atteint son seuil de toxicité pour les organismes marins (coraux, huîtres de palétuviers, crevettes et poissons). Les teneurs en zinc constituent un état de contamination chronique pour les huîtres de palétuviers. Par ailleurs, les teneurs en zinc observées dans les poissons et les crevettes de la baie correspondent à des niveaux de toxicité aiguë. Du cadmium a également été trouvé dans les crevettes.
Les sucreries et distilleries
L’industrie de la canne à sucre produit des rejets liquides, appelés "vinasses", très acides et fortement chargés en matières organiques, dont l’oxydation entraîne l’apparition de conditions anoxiques. Les communautés marines directement touchées sont détruites. En Martinique, les rejets des distilleries sont effectuées directement en mer ou dans les rivières qui se jettent à la mer. Les rivières les plus polluées sont la rivière Monsieur, la Roxelanne à Saint-Pierre, la mangrove de Sainte-Luce et la rivière Jambette. Les rejets ne subissent actuellement aucun traitement et constituent une source de pollution importante.
La pollution urbaine
La pollution urbaine a surtout été étudiée dans la baie de Fort-de-France. La décharge intercommunale est située à la Pointe des Sables. Chaque jour, environ 300 T d’ordures ménagères parviennent à cette décharge (Cidolit, 1991). Sa situation à proximité du littoral menace directement les eaux de la Baie de Fort-de-France. Le réseau de collecte des eaux usées est insuffisant. Il existait en 1991, 9 stations d’épuration pour les 5 communes situées autour de la baie (Fort-de-France, Lamentin, Ducos, Rivière-Salée, Trois-îlets). Ces communes totalisent plus de 160.000 habitants alors que les stations d’épuration sont prévues pour un total de 93.000 habitants (Cidolit, 1991). De plus, certains quartiers ne disposent pas encore de réseau d’assainissement et certaines habitations ne disposent pas de réseau individuel. Les eaux usées sont souvent rejetées directement dans les baies (baie du Marin, baie des Anses d’Arlets, caye de Sainte-Luce).Une étude du niveau de pollution bactériologique réalisée dans la baie de Fort-de-France (Assor et Julius, 1991) a fait apparaître trois pôles de pollution : la périphérie sud-est de Fort-de-France, la zone industrielle du Lamentin et le secteur des Trois-Ilets.
La sédimentation terrigène
Comme pour la Guadeloupe, la déforestation de la Martinique a débuté au 17ème siècle, à des fins agricoles, et s’est poursuivie et accentuée depuis. Ce phénomène a favorisé l’érosion des sols et les transports solides vers le milieu marin. La destruction massive des mangroves, au cours du XXe siècle, a supprimé les zones de décantation et de filtration qu’elles constituaient entre la terre et la mer. Aujourd’hui, les mauvaises pratiques culturales sont en cause. Il en a résulté une dégradation générale de la limpidité des eaux côtières et un phénomène d’hypersédimentation au niveau des écosystèmes marins côtiers. Par ailleurs, le lessivage des sols contribue à renforcer l’exportation des sels nutritifs vers les eaux côtières.Les communautés coralliennes récifales, ainsi que les Phanérogames marines, sont très sensibles à la réduction de leur niveau d’éclairement ainsi qu’à l’hypersédimentation. Des signes d’altérations dus à ces phénomènes sont partout visibles sur les récifs de la Martinique. L’hypersédimentation est, avec la prolifération algale, un des phénomènes majeurs de dégradation des récifs coralliens et des herbiers de Phanérogames marines dans les Antilles Fran"aises. Ce problème est crucial pour la Martinique qui assiste à un envasement progressif de ses principales baies (baie de Fort-de-France, baie du Marin, baie du Robert, baie du Trésor...). Les carrières de granulats exploitées à terre posent également un problème, les résidus de lavage de certains carriers partant directement à la mer et provoquant une sédimentation sur les zones coralliennes.
Les remblais et déblais
De nombreux travaux de terrassement sont effectués sur les côtes de la Martinique avec un minimum de précaution. Ils favorisent l’augmentation de la turbidité des eaux côtières et le phénomène d’hypersédimentation (extension de l’aéroport, installations portuaires...). La mangrove, considérée trop souvent comme faisant partie du domaine foncier, est la première victime des opérations de remblaiement.
La surexploitation des ressources marines
L’essentiel de la pression de pêche dans les Antilles s’exerce sur les écosystèmes récifaux et les herbiers de Phanérogames marines. La plupart des stocks pêchés (poissons, lambis, langoustes et oursins) ne suffisent pas à satisfaire la demande. Toutes les études portant sur l’évaluation des ressources marines de la Martinique s’accordent pour dire que ces stocks sont aujourd’hui surexploités.Les engins de pêche inventoriés en Martinique sont tous de type traditionnel : les casiers (46%), les filets de fond (21%), les filets de surface (11%), la senne (6%), la traîne (5%), la palangre (8%), la plongée sous-marine (2%, Guillou et al., 1988). Quatre régions se distinguent pour la diversité des méthodes employées : de Sainte-Marie à Cap Chevalier (casiers) ; de l’Anse Poirier (Rivière Pilote) aux Anses d’Arlets ( filets de fonds et casiers) ; du Lamentin à Fort-de-France (casiers et filets de surface) ; de Fond Lahayé à Grand Rivière (sennes de plage).Cette diversité traduit une adaptation technologique aux caractéristiques bathymétrique et sédimentologique de chaque secteur. Parmi les engins de pêche utilisés en Martinique, on peut citer par ordre d’importance : les nasses, les filets (de fond et de surface) et les sennes. La pression de pêche est la plus forte sur la côte atlantique. Le niveau de surexploitation des stocks est plus élevé en Martinique qu’en Guadeloupe.
Les mollusques : la surexploitation des stocks de lambis (Strombus gigas) atteint dans la Caraïbe un niveau alarmant. Dans les Antilles Françaises, la majorité des lambis pêchés aujourd’hui n’ont pas atteint leur maturité sexuelle et n’ont donc pas eu le temps de se reproduire pour perpétuer l’espèce. Des mesures drastiques devraient être prises rapidement si l’on veut éviter la disparition pure et simple de cette ressource en Martinique. Des essais de repeuplement pratiqués sur les côtes de Floride, à partir de juvéniles produits en élevage, ont été très décevants et laissent peu d’espoir quant à l’efficacité de cette technique pour reconstituer les stocks.
Les crustacés : dans l’ensemble des Antilles, à l’exception de Cuba, on s’accorde à reconnaître une diminution générale des stocks de langoustes depuis une vingtaine d’années (Panulirus argus et P. guttatus). Ce phénomène est tout particulièrement marqué dans les Antilles Françaises. Compte tenu de la biologie de ces espèces, une réglementation de la pêche aux langoustes devrait donc, pour être efficace, être conçue à l’échelle de la région Caraïbe. La complexité du développement larvaire des langoustes ne permet pas d’envisager leur exploitation aquacole dans un futur proche.
Les oursins : l’oursin Tripneustes esculentus fait l’objet d’une pêche traditionnelle dans les Antilles Françaises. Aujourd’hui, les stocks Martiniquais sont surexploités, malgré une période de pêche limitée, dans cette île, à un mois par an.
Les poissons : les pêcheries antillaises sont surtout multispécifiques, et très fragiles face à une exploitation intensive. Sur les côtes antillaises, la pression de pêche est importante. Par ailleurs, la taille trop faible de la maille des nasses caraïbes utilisées (31 mm, et même 25 mm) permet la capture des juvéniles, hypothéquant ainsi l’avenir des communautés ichtyologiques. Aujourd’hui, la quantité de poissons pêchés dans les Antilles Françaises n’arrive pas à satisfaire la demande du marché, alors qu’il serait bon d’envisager une diminution de la pression de pêche sur les zones exploitées. Certaines espèces de serranidae ou de lutjanidae seraient surexploitées. Il conviendrait de renforcer la réglementation actuelle de la pêche.
Le tourisme
La navigation de plaisance et de commerce altère certains sites privilégiés pour le mouillage forain. Les ancres mouillées par les navires sur les fonds coralliens et d’herbiers de Phanérogames marines provoquent une dégradation de ces écosystèmes. Une concentration trop forte d’hôtels dans une même zone peut devenir une cause de dégradation de l’environnement marin (zone des Trois îlets).La plongée sous-marine s’exerce de façon plus dispersée en Martinique qu’en Guadeloupe et il n’y existe pas de phénomène de sur-fréquentation comparable à celui des îlets Pigeon.
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